Réagir face à la violence au sein du foyer
- 11 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Quand le doute devient un signal, et la protection une nécessité
Si tu es arrivée jusqu’ici, ce n’est pas un hasard.
Quelque chose en toi sait déjà.

Avant toute chose, je t’invite à faire le test « Suis-je victime de violences ?", que j'ai créé.
Ce test n’est ni un verdict, ni une étiquette. C’est un miroir.
Si tu as répondu non à toutes les questions, ton couple repose sur des bases saines. Profite de cette relation.
Si tu as répondu oui à une ou plusieurs questions, alors il existe de la toxicité, et à terme un danger possible. La répétition, la peur au quotidien, l’adaptation permanente sont des preuves de violence.
Et c’est souvent là que le doute s’installe.
Les doutes habituels
Tu te dis que les féminicides, les drames, les violences graves, ça n’arrive qu’aux autres.
C’est faux.
Toutes les familles de victimes disent la même chose : « On n’aurait jamais imaginé que ça puisse nous arriver. »
Tu te dis que sans toi ta "moitié" souffrira trop, que tu ne peux pas lui faire ça.
C’est faux.
Si tu veux l’aider, pars. La perte du contrôle est parfois le seul déclencheur d’une prise de conscience. Il a besoin d’un soin, d’un cadre médical, pas de ton sacrifice. Tu ne peux pas être son traitement.
Tu te dis que tu n’as pas été frappé.e, ou juste une fois.
C’est faux.
La violence psychologique est le seul point commun à toutes les victimes de féminicides.
Tu te dis que personne ne t’aimera comme lui, que votre histoire est unique, que les enfants ont besoin de leur autre parent, que ce n’est pas le bon moment, que tu n’y arriveras pas seul.e.
C’est faux.
Un père n’est pas un bon père quand il fait souffrir la mère de ses enfants.
Et les chiffres sont implacables : 30 % des enfants exposés deviendront victimes, 30 % deviendront auteurs.
Entrer dans la communauté des Veilleuses
La violence isole.
La réparation passe par le lien.
Entrer dans la communauté des Veilleuses, c’est entrer dans un espace où tu n’as rien à prouver.
Un espace de présence, de soutien, de silence parfois, de parole quand elle vient.
Un espace tenu par des femmes qui savent, parce qu’elles ont traversé.
Les Veilleuses ne te sauvent pas à ta place.
Elles restent à côté de toi quand tu doutes, quand tu flanches, quand tu respires à nouveau. Pour ne plus traverser la nuit seule.
Se protéger : quand la sécurité devient la priorité
Si tu es en danger immédiat, pars et appelle les secours (17 ou 112).
Prends tes papiers, ceux des enfants, coupe la géolocalisation, ne poste rien, n’utilise pas ta carte bancaire. Va au commissariat ou à la gendarmerie. Tu dois être introuvable pour être en sécurité.
Si le danger n’est pas immédiat mais réel, alors il faut préparer.
Se préparer
La peur ne disparaît pas par magie.
Mais elle peut devenir une alliée si tu la transformes en plan.
Note tout.
Les disputes, les humiliations, les violences, les absurdités.
Prends des photos, fais des enregistrements, conserve les messages.
Tu en auras besoin pour te défendre, et surtout pour te rappeler que tu n’as pas rêvé.
Prépare ton départ en secret :
* mets de l’argent de côté, en liquide
* trouve un lieu sûr
* rassemble les papiers (ou photographie-les)
* crée une adresse mail secrète
* stocke les documents sur un cloud sécurisé
* prépare un sac essentiel pour toi et les enfants
* informe deux personnes de confiance
* établis un code d’alerte
Chaque geste est une brique.
Chaque brique te rapproche de la sortie.
Partir comme pour une île déserte
Imagine que tu pars sur une île déserte.
Tu n’emportes que l’essentiel. Pas pour survivre un jour, mais pour renaître.
Essentiels matériels :
* papiers d’identité (ou photos)
* argent liquide
* téléphone + chargeur
* tenue de rechange
* nécessaire d’hygiène
* médicaments indispensables
* carnets de santé
* clés
* sac prêt et discret
Essentiels émotionnels :
* le pendentif de ta grand-mère
* le livre que tu as lu cent fois, tout corné
* une photo où tu ris vraiment
* une phrase qui te tient debout
* un carnet de vérité
* une musique qui te rappelle ton corps
* un numéro écrit à la main
* un souvenir de liberté
une promesse : je ne me laisserai plus disparaître*
Ces objets ne pèsent rien.
Mais ils te sauveront quand tout tremble.
Remplis ton capital courage
Avant de partir, il faut tenir.
Et pour tenir, il faut nourrir ce qui donne du sens.
Lis 125 et des milliers.
Garde sur toi un objet qui te rappelle que tu n’es pas seule.
Cultive une spiritualité, une croyance, un fil invisible qui te relie à plus grand que la peur.
Entoure-toi de celles qui s’en sont sorties. Elles sont nombreuses. Et elles vivent aujourd’hui.
Sache ceci :
en te sauvant, tu sauves tes enfants, et leurs futures relations.
Ton départ n’est pas une fuite.
C’est une transmission.
Choisir la vie
Quand tu seras prête, pars.
Dépose plainte.
Ne réponds plus.
Ne dis pas où tu es.
Désactive la géolocalisation.
Éteins les réseaux sociaux.
N’utilise pas ta carte bancaire.
Fais vérifier ton téléphone (logiciels espions) et ton véhicule (traceurs GPS).
Si tu en trouves, ne les enlève pas : fais-les constater par la police.
Rappelle-toi :
* un policier n’a pas le droit de refuser une plainte (art. 15-3 CPP)
* tu peux porter plainte avec ton avocat
* tu peux te domicilier au commissariat
* l’ordonnance de protection doit être instruite en 6 jours
* l’aide juridictionnelle est un droit
Et ensuite…

Prends le temps.Un mois. Un an.
Le tien.
Achète-toi une belle tenue.
Prends soin de toi.
Entoure-toi.
Ta nouvelle vie commence.
Elle sera exigeante, mais elle sera libre.
Et un jour, tu te diras :
« j’ai survécu ».
Et tu verras. C’est merveilleux.
Reconstruis avec les 12 actions de reconnexion des Veilleuses
Je ne veux pas que tu partes dans le vide.
Je veux que tu saches que l’après existe.
J’ai créé le programme des 12 actions de reconnexion des Veilleuses comme un chemin doux, progressif, respectueux de ton rythme.
Douze gestes simples pour sortir de la survie et revenir à la vie.
On ne guérit pas seule.
On se répare ensemble.


