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L’escalade et le cycle de la violence : quand le système se referme

  • 11 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Sortir de la culpabilité nécessite d'intégrer le schéma infernal


cycle violence 125 et après

La violence conjugale ne commence presque jamais par un coup.


Elle commence par un déplacement invisible des frontières. Ce qui était impensable devient tolérable. Ce qui était tolérable devient normal. Et ce qui était normal devient inévitable.


C’est cela, l’escalade.


Au début, il y a souvent l’amour. Ou quelque chose qui y ressemble.

Une relation intense, rapide, fusionnelle. Une impression d’évidence. Une promesse de protection. Parfois même une impression d’être enfin vue, choisie, comprise. Beaucoup de femmes décrivent une relation “très forte”, “très engagée”, “hors norme”.


Puis viennent les premières micro-atteintes.

Des remarques sur les vêtements, les amis, le travail. Des critiques déguisées en conseils. Des silences lourds. Des colères soudaines. Des jalousies présentées comme des preuves d’amour.


Rien de suffisamment grave pour partir.

Mais assez pour commencer à s’adapter.


Alors on modifie son comportement.


On évite certains sujets. On renonce à certaines sorties. On rassure. On explique. On s’excuse. On cherche à comprendre. On se remet en question. On se dit que c’est de sa faute, que l’autre est stressé, fatigué, blessé.


C’est là que la violence progresse : quand la victime commence à changer pour que ça aille mieux.


Avec le temps, la relation se rigidifie.

Les règles deviennent plus nombreuses, plus floues, plus imprévisibles. Les colères plus fréquentes. Les menaces plus claires. Le contrôle plus serré. L’isolement plus profond. Le corps commence à avoir peur avant même que la violence n’arrive.


Et quand les violences physiques apparaissent — parfois une seule fois — elles arrivent dans un terrain déjà fragilisé, déjà préparé.

C’est pour cela que tant de femmes meurent au premier épisode de violences physiques, alors que le contrôle coercitif était là depuis longtemps : l’escalade avait déjà eu lieu.


L’escalade n’est pas une perte de contrôle.


C’est une prise de contrôle graduelle, un étau qui se resserre, jusqu’à ce que la victime n’ait plus de marge, plus d’espace, plus de souffle.


Comprendre l’escalade, c’est comprendre pourquoi partir devient si difficile.

Et c’est aussi comprendre que le danger augmente avec le temps, même si la violence semble “se calmer”.

Ce n’est pas une crise.

C’est une trajectoire.


Le cycle de la violence


Comprendre pour ne plus se culpabiliser

Beaucoup de victimes se demandent :

« Pourquoi je retourne ? »

« Pourquoi j’y crois encore ? »

« Pourquoi je ne pars pas définitivement ? »


La réponse tient souvent en un mot : le cycle.

La violence conjugale suit une mécanique répétitive, connue, documentée, mais encore trop peu comprise. Ce cycle maintient l’emprise en alternant la peur et l’espoir.


1. La phase de tension

La tension monte. L’atmosphère se charge.

Tu fais attention à tout. Tu marches sur des œufs. Tu sens que quelque chose va arriver. Le corps est en alerte permanente.


2. La phase de violence

La violence éclate : psychologique, physique, sexuelle, matérielle.

C’est le moment du danger. Celui où le corps comprend qu’il n’est plus en sécurité.


3. La phase de justification

Après la violence, l’agresseur minimise, nie, inverse la responsabilité.

« Tu m’as provoqué. »

« Tu sais comment je suis. »

« J’ai eu une enfance difficile. »

La victime doute. Elle se remet en question. Elle cherche à comprendre.


4. La phase de rémission ou de “lune de miel”

Vient ensuite la phase la plus piégeuse : les excuses, les promesses, les gestes tendres, les cadeaux, les déclarations.

L’espoir renaît. Le soulagement aussi. Et ce soulagement est si intense qu’il peut être confondu avec de l’amour.


Mais le cycle recommence.

Toujours plus vite. Toujours plus fort.


Comprendre le cycle, c’est comprendre que l’espoir fait partie du piège, et que ce n’est pas toi qui échoues : c’est le système qui est conçu pour te retenir.








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