Les « Éclipses aux éclipsées » quand l’art rend visibles les femmes privées de droits
- 5 févr.
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Dernière mise à jour : il y a 3 jours
L'activisme artistique

Un concept artistique et militant
Les « Éclipses aux éclipsées » sont des actions artistiques et militantes organisées dans l’espace public par l’association 125 et après. Elles consistent en des rassemblements symboliques, organisés lors des jours d’éclipses solaires ou lunaires, afin de mettre en lumière les femmes privées de leurs droits fondamentaux partout dans le monde.
À travers des mises en scène visuelles et des photographies collectives, ces actions donnent une visibilité à celles que l’association qualifie de « femmes éclipsées » : des femmes rendues invisibles par des systèmes politiques, sociaux, culturels ou religieux qui limitent leur liberté, leur sécurité et leur dignité.
Pourquoi agir lors des éclipses ?
Le choix des jours d’éclipse n’est pas anodin. L’éclipse symbolise la disparition temporaire d’une lumière, une métaphore forte de l’effacement des droits et de la visibilité des femmes dans de nombreuses sociétés.
Avec ces événements, l’association souhaite également dépasser un calendrier militant limité aux grandes dates internationales, comme le 8 mars ou le 25 novembre. L’objectif est de rappeler que la défense des droits des femmes doit être constante, universelle et indépendante d’un agenda symbolique.

Dénoncer toutes les formes de violences envers les femmes
Les « Éclipses aux éclipsées » dénoncent les violences faites aux femmes sous toutes leurs formes, sans distinction d’origine, de religion ou de nationalité. Ces actions attirent notamment l’attention sur :
Les systèmes d’oppression et de ségrégation instaurant un apartheid de genre
L’exploitation sexuelle et la traite humaine
Les féminicides de masse restés impunis
Le viol utilisé comme arme de guerre
Les pratiques culturelles et sociales qui mutilent, contrôlent ou invisibilisent les femmes, comme le mariage forcé, l’excision ou la culture du viol
Des actions artistiques marquantes
Depuis 2024, plusieurs performances symboliques ont marqué le public et les médias.
Mars 2024 : 1000 chaussures rouges pour dénoncer les féminicides
Lors du premier événement, l’association a installé 1000 chaussures de femmes et d’enfants peintes en rouge sur le Parvis des droits de l’Homme. Cette installation rendait hommage aux victimes de féminicides et dénonçait les systèmes d’oppression politiques, culturels et religieux qui alimentent ces violences.
Octobre 2024 : hommage aux femmes victimes de pendaisons
Une performance utilisant des cordes a été organisée pour honorer la mémoire de femmes exécutées, notamment en Iran, en Afghanistan ou au Pakistan, sous l’autorité de régimes appliquant des interprétations extrêmes de la charia.

Mars 2025 : « Quand la France tue les mères »
Place de la République, cinquante cercueils ont été installés. Des participantes ont posé leurs pieds à l’intérieur pour dénoncer les violences post-rupture et la situation des mères privées de leurs enfants, un phénomène encore trop souvent ignoré.

Avril 2025: Stop au viol comme arme de guerre
Lors du Festival du livre de Montaigu, une centaine d'auteurs en dédicace ont accepté de poser munis de culottes blanches qu'ils avaient marquées de rouge. Un acte symbolique fort montrant que les artistes et intellectuels doivent se mobiliser sur ces sujets.

Une mobilisation collective amplifiée par la parole et le témoignage
Chaque événement s’accompagne de la publication d’une tribune destinée au grand public. Ces textes permettent d’approfondir le message porté par l’action artistique et sont soutenus par des témoignages, donnant la parole à celles et ceux directement concernés par ces violences ou engagés dans leur combat.
Les photographies réalisées lors des rassemblements sont ensuite partagées collectivement sur les réseaux sociaux par les participantes, les partenaires et les soutiens du projet. Cette diffusion coordonnée vise à maximiser l’impact médiatique et à renforcer la dimension collective et solidaire de ces mobilisations.
Le projet bénéficie par ailleurs du soutien de la DILCRAH (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT), reconnaissant ainsi la portée citoyenne et universelle de cette initiative.
Une mobilisation fondée sur l’union et la solidarité internationale
Chaque action est conçue comme un message d’union et de solidarité internationale. L’association travaille en collaboration avec des organisations engagées dans la défense des droits humains et des droits des femmes, parmi lesquelles :
Citad’Elles
Femme Azadi
Afghanes de France
Espoirs et combats de Femmes
La Maison des Femmes
Band of Sisters
...
L’art comme outil de sensibilisation
À travers les « Éclipses aux éclipsées », l’association 125 et après utilise l’art comme un moyen de sensibilisation, d’interpellation et de mémoire. Ces performances visuelles permettent de toucher un large public, de susciter l’émotion et de transformer l’espace public en lieu de réflexion collective.
Plus qu’un simple événement artistique, ces actions rappellent que la défense des droits des femmes est une lutte universelle et permanente, qui nécessite vigilance, solidarité et engagement.



