Chiffres des viols et agressions sexuelles en France et dans le monde
- 12 févr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Pour voir la réalité en face

Ce que les chiffres révèlent quand on accepte enfin de les regarder
Les violences sexuelles ne sont pas des faits divers.
Ce sont des faits sociaux massifs, structurels, systémiques.
Et pourtant, elles restent largement invisibles.
En France
Chaque année, en France :
environ 230 000 femmes sont victimes de viols ou de tentatives de viol ;
une femme est violée ou victime d’une tentative de viol toutes les 2 minutes 30 ;
plus de 80 % des victimes connaissent leur agresseur ;
dans 45 % des cas, l’agresseur est le conjoint ou l’ex-conjoint ;
près d’1 victime sur 2 était mineure au moment des faits ;
1 enfant est victime d’inceste toutes les 3 minutes (estimation basse).
Chez les hommes, les chiffres sont largement sous-estimés, mais on sait que :
environ 1 homme sur 16 sera victime de violences sexuelles au cours de sa vie ;
la majorité des agressions subies par les hommes ont lieu dans l’enfance.
Ces chiffres sont connus, répétés, documentés.
Et pourtant, ils ne provoquent pas de choc collectif à la hauteur de leur ampleur.
Pourquoi ?
Parce que ces violences ont lieu dans les familles, les couples, les cercles proches, là où la société préfère ne pas regarder.
Dans le monde
À l’échelle mondiale :
1 femme sur 3 subira une violence sexuelle ou physique au cours de sa vie ;
plus de 120 millions de filles ont subi un viol ou une agression sexuelle avant 18 ans ;
les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre, de domination ethnique, de contrôle social ;
dans de nombreux pays, le viol conjugal n’est toujours pas reconnu comme un crime.
Les violences sexuelles sont un langage universel de domination.
Elles traversent les cultures, les religions, les classes sociales, les frontières.
Ce que ces chiffres traduisent réellement
Ces chiffres disent trois choses essentielles.
1. Les violences sexuelles ne sont pas des exceptions
Elles sont intégrées dans l’organisation des rapports de pouvoir.
Elles sont le prolongement d’un système où certains corps valent moins que d’autres.
2. Le danger est rarement extérieur
Dans plus de 75 % des cas, le viol est commis par un proche : conjoint, parent, ami, collègue, voisin, figure d’autorité.
Le mythe de l’agresseur inconnu dans la rue est une construction qui protège les vrais agresseurs : ceux de l’intérieur.
3. Le silence est structurel
Si ces violences étaient dénoncées à la hauteur de leur fréquence, c’est toute l’organisation sociale qui serait remise en cause :
la famille, le couple, la hiérarchie, l’autorité, la filiation, la respectabilité.
Le silence n’est pas un hasard.
C’est un mécanisme de conservation.
Ce que je veux que tu retiennes
Si ce que tu as vécu te semble « trop banal pour être grave », c’est justement parce que la violence sexuelle est banalisée.
Si tu penses être un cas isolé, c’est faux.
Tu fais partie d’un phénomène massif que la société refuse encore de regarder en face.
Et ce n’est pas ton histoire qui est honteuse.
C’est le système qui l’a rendue possible.


