Ce que tu risques si tu es auteur de violences conjugales et pourquoi agir maintenant change tout
Prison, conséquences familiales, professionnelles et financières : ce que la loi française prévoit réellement pour les auteurs de violences conjugales, et pourquoi chercher de l'aide avant d'y être contraint change tout.

Dans notre association, nous rencontrons régulièrement des auteurs de violences qui disent la même chose.
"C'est une affaire privée."
"Elle n'a pas porté plainte."
"Ça ne va pas aller aussi loin."
Ces phrases révèlent souvent une profonde méconnaissance de la réalité juridique. Les violences conjugales ne sont pas des affaires privées. Elles constituent des infractions pénales. Et les conséquences peuvent être considérables, bien au-delà d'une éventuelle peine de prison.
La violence conjugale est une circonstance aggravante
En droit français, le fait que les violences soient commises au sein du couple est une circonstance aggravante. Les mêmes actes commis sur un·e partenaire sont punis plus sévèrement qu'entre deux inconnus.
Le lien affectif ne protège pas. Il aggrave.
Ce que tu risques concrètement
Les coups et blessures volontaires : jusqu'à 10 ans de prison.
Une menace de mort : jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende.
Un viol ou une agression sexuelle : de 5 à 20 ans de réclusion criminelle.
Le harcèlement psychologique dans le couple : jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 € d'amende.
1 seule gifle. 1 seule menace. 1 seul rapport imposé. C'est un délit ou un crime, même si c'est la première fois. Même si tu t'en souviens à peine. Même si tu as présenté des excuses.
Et ton·ta partenaire peut porter plainte à tout moment. Pas seulement maintenant. Dans un an. Dans dix ans. Toute sa vie.
Une plainte peut avoir des conséquences immédiates
Beaucoup d'auteurs pensent encore :
"Je me défendrai plus tard."
Mais certaines mesures peuvent intervenir très rapidement.
Garde à vue.
Interdiction de contact.
Interdiction de paraître au domicile.
Éloignement du conjoint.
Contrôle judiciaire.
Bracelet anti-rapprochement.
Dans certains cas, l'auteur présumé peut être contraint de quitter le domicile même lorsqu'il en est propriétaire. La logique est simple : protéger la victime avant même que le procès ait lieu.
Les conséquences sur tes enfants sont souvent sous-estimées
Tu penses peut-être pouvoir être un bon parent malgré tout.
"Je n'ai jamais touché mes enfants."
Pourtant, les juges considèrent désormais qu'un enfant exposé aux violences conjugales est lui-même victime.
Voir son parent terrorisé.
Entendre les cris.
Assister aux menaces.
Vivre dans la peur.
Constitue déjà une forme de violence.
Ces éléments peuvent avoir des conséquences importantes sur les décisions relatives à l'autorité parentale, à la résidence des enfants ou aux droits de visite.
Le coût financier est souvent colossal
Les conséquences économiques peuvent se chiffrer en milliers, parfois en dizaines de milliers d'euros.
Frais d'avocat.
Dommages et intérêts.
Pension alimentaire.
Relogement.
Perte d'emploi.
Procédures civiles parallèles.
Une seule soirée de violence peut produire des conséquences qui dureront plusieurs années.
Auteur de violences : ce que la démarche volontaire change
Chercher de l'aide avant toute procédure judiciaire, c'est différent d'y être contraint.
Les CPCA (Centres de Prise en Charge des Auteurs de violences conjugales) peuvent te prendre en charge sur la base du volontariat. Tu n'as pas à attendre d'y être obligé par un juge.
Un suivi thérapeutique engagé de ton propre chef, une participation à un groupe de parole, une démarche proactive auprès d'un professionnel : tout cela peut peser dans l'évaluation de ta situation si une procédure s'ouvre un jour.
Ce n'est pas une garantie. Ce n'est pas non plus sans importance.
Un accompagnement en CPCA peut inclure :
Une psychothérapie individuelle.
Des groupes de parole thérapeutiques.
Un accompagnement dans ton rôle de parent.
Une aide pour accéder à tes droits sociaux et civiques.
Les études montrent que sans prise en charge, les comportements violents se répètent et s'aggravent.
40 % des auteurs de violences conjugales récidivent sans accompagnement.
Le meilleur moment pour demander de l'aide, c'est maintenant
N'attends pas qu'un juge t'y oblige.
N'attends pas une garde à vue.
N'attends pas qu'un enfant ait peur de toi.
La violence ne se règle pas d'elle-même. Mais des professionnels peuvent t'aider à comprendre et à agir avant qu'il ne soit trop tard.
Ligne nationale d'écoute pour les auteurs de violences : 08 019 019 11Portée par la FNACAV du lun-ven 9h30-21h30, week-end 9h30-19h30. Gratuite et anonyme. |
Pour mieux comprendre ce que tu traverses :
Ressources


