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Tu sens que tu peux devenir violent ? Voilà comment t’arrêter avant qu’il soit trop tard

  • il y a 6 jours
  • 9 min de lecture
Tu sens la colère monter et tu as peur de devenir violent ? Voici 10 techniques concrètes de désamorçage pour apprendre à t'arrêter avant le passage à l'acte.

Homme désamorcer la violence

10 techniques de désamorçage


Si tu lis ce texte parce que tu as déjà fait peur à quelqu’un, crié trop fort, cassé des objets, menacé, contrôlé, humilié, poussé, frappé ou senti que tu pouvais le faire, la première chose à comprendre est simple : tu es responsable de ce que tu fais.


Ton enfance, tes blessures, tes humiliations, tes addictions, ton stress, ta jalousie ou ta peur d’être abandonné peuvent expliquer une partie de ce qui se passe en toi. Mais rien ne t’autorise à faire violence à quelqu’un. Rien.


Ni l’amour.

Ni la souffrance.

Ni la colère.

Ni l’alcool, les médicaments ou les drogues.

Ni la peur de perdre l’autre, d’être abandonné.

Ni le sentiment d’être provoqué.

Rien.


La deuxième chose à comprendre est tout aussi importante : si tu veux vraiment changer, il faut arrêter de penser que la violence « arrive d’un coup ». La violence est un processus. Un escalier. Et la seule manière de ne pas arriver tout en haut, c’est d’apprendre à reconnaître les premières marches.





La violence : le symptôme d’un problème plus profond


Les comportements difficiles sont souvent le symptôme d’un problème, et non le problème lui-même. Autrement dit, le problème n’est pas seulement le cri, l’insulte, la menace ou le coup, mais ce qui se passe avant.


La tension.

La peur.

La honte.

Le sentiment d’être rejeté.

La frustration.

L’humiliation.

L’impression de perdre le contrôle.

La sensation que quelque chose en toi devient trop fort, trop rouge, trop brûlant, impossible à contenir.


Certains jeunes violents interrogés dans différents sondages, décrivent très bien ce moment :

« Tout devient rouge et je ne peux plus réfléchir. »

« Je deviens une personne que je ne reconnais pas. »

« Ça monte et ça ne partira pas tant que ce n’est pas sorti. »


Ces phrases sont importantes parce qu’elles montrent que la violence n’est pas une question de morale mais de régulation émotionnelle et biologique. Lorsque la colère monte trop vite, ton cerveau peut basculer en mode survie.


Le cœur accélère.

La respiration change.

Les muscles se tendent.

La mâchoire se serre.

La pensée devient plus pauvre.

L’empathie diminue.

La capacité à réfléchir s’effondre.

Tu n’es plus en train de discuter.

Tu es en train de réagir.

Et c’est précisément là que le danger commence.


Règle 1 : ne jamais attendre le point de non-retour

Beaucoup d’hommes disent après coup :

« Je n’ai pas réussi à m’arrêter. »


Mais la vraie question est souvent :

« A quel moment as-tu essayé ? »

« As-tu essayé quand tu étais encore simplement agacé ? »

« Ou seulement quand tu étais déjà hors de toi ? »


La colère ressemble à un feu. Au début, une main suffit parfois à l’éteindre.

Ensuite, il faut un seau.

Puis les pompiers.

Puis il est trop tard.


Le désamorçage consiste à agir très tôt.

Pas quand tu cries déjà.

Pas quand tu as déjà coincé l’autre dans une pièce.

Pas quand tu tiens déjà son téléphone.

Pas quand tu as déjà levé la main.


Avant.


Dès les premiers signes. Et tu es seul à pouvoir identifier les tiens.





Règle 2 : Apprendre tes signaux d’alerte

Chaque homme a ses propres signaux.

Certains deviennent très silencieux. D’autres parlent de plus en plus vite.

Certains sentent une chaleur monter dans le torse. D’autres serrent les poings.

Certains ont le regard fixe. D’autres se mettent à tourner dans la pièce.

Certains ressentent une envie irrépressible de « faire comprendre ». D’autres veulent empêcher l’autre de partir.


Ces signaux sont des alarmes. Tes alarmes.

Voici les plus fréquents :

respiration rapide ;

cœur qui bat fort ;

mâchoire serrée ;

poings fermés ;

envie de crier ;

envie de suivre l’autre ;

envie d’empêcher l’autre de sortir ;

envie de prendre son téléphone ;

envie de casser quelque chose ;

pensées du type « elle se fout de moi », « il me manque de respect », « je vais lui montrer », « je ne vais pas me laisser faire ».


À partir d’aujourd’hui, ton travail est de repérer ces signes avant qu’ils ne deviennent des actes. Tu peux même les écrire pour les relire, les analyser et les repérer chaque fois qu’ils apparaissent.






Règle 3 : Faire ta cartographie de la violence

Pendant deux ou trois semaines, note chaque montée de colère.

Pas seulement les explosions. Les montées.


Réponds à chaque fois à ces questions :

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

« Qui était là ? »

« À quel moment de la journée ? »

« Avais-tu bu ? »

« Avais-tu consommé ? »

« Étais-tu fatigué ? »

« T’étais-tu senti rejeté ? »

« Critiqué ? »

« Humilié ? »

« Abandonné ? »

« Impuissant ? »


Puis écris ce que tu as pensé.

Pas ce qui était objectivement vrai. Ce que tu as pensé.

« Elle ne m’aime plus. »

« Elle me provoque. »

« On se moque de moi. »

« Je vais perdre le contrôle. »

« Si je ne réagis pas, je suis faible. »


Cette cartographie est fondamentale.

Parce que beaucoup d’hommes violents croient réagir à des faits.

En réalité, ils réagissent souvent à des interprétations.

Et certaines interprétations sont des bombes car elles appuient sur des détonateurs de violences (et souffrances) passées insupportables.






Règle 4 : Tes pensées peuvent mettre de l’essence sur le feu

La colère ne vient pas seulement de ce qui arrive mais de l’histoire que tu te racontes sur ce qui arrive. Donnons des exemples :


Situation : Elle ne répond pas à ton message.

Tu penses : « Elle me manque de respect. »

Mais peut-être qu’elle est occupée.


Situation : Elle veut sortir avec ses amis.

Tu penses : « Elle veut m’échapper. »

Mais peut-être qu’elle veut seulement respirer.


Situation : Ton enfant refuse d’obéir.

Tu penses : « Il me défie. »

Mais peut-être qu’il est fatigué, inquiet ou débordé.


Situation : Un collègue te critique.

Tu penses : « Il cherche à m’humilier. »

Mais peut-être qu’il exprime seulement un désaccord.


Avant de réagir, pose-toi cette question : Suis-je certain que mon interprétation est la seule possible ? Et cherche la réponse dans le dialogue, quand tu en es capable.





Règle 5 : Le piège du contrôle

Beaucoup de violences naissent d’une illusion : croire que l’on peut apaiser sa peur en contrôlant l’autre.


Contrôler son téléphone.

Ses vêtements.

Ses sorties.

Ses amis.

Ses horaires.

Ses réseaux sociaux.

Ses paroles.

Son silence.


Mais le contrôle ne calme jamais vraiment. En réalité, il nourrit la peur.

Plus tu contrôles, plus tu as besoin de contrôler.

Plus tu surveilles, plus tu deviens inquiet.

Plus tu possèdes, plus tu crains de perdre.


Si tu veux changer, tu dois accepter que l’autre ne t’appartient pas.

Même s’il t’aime.

Même si vous vivez ensemble.

Même si vous avez des enfants.

Même s’il t’a promis quelque chose.

Même si tu as peur.


Aimer quelqu’un, ce n’est pas l’empêcher d’être libre. Au contraire.





Règle 6 : La technique du retrait immédiat

Quand tu sens que la violence monte

Tu dois partir.

Pas disparaître pendant trois jours (ou plus).

Pas claquer la porte pour punir ni sortir en menaçant.

Tu dois partir pour protéger.


Tu peux dire une phrase simple, toujours la même :

« Je sens que je monte. Je m’éloigne trente minutes pour ne pas être violent. Je reviens quand je suis calmé. »


Puis tu pars vraiment.


Tu ne continues pas à parler depuis le couloir.

Tu n’envoies pas trente messages.

Tu ne reviens pas au bout de deux minutes.

Tu ne bloques pas la porte.

Tu ne suis pas l’autre.

Tu t’éloignes.

Tu marches.

Tu respires.

Tu vas faire du sport.


A toi de trouver ce qui a un impact sur ton retour au calme. Une musique, un épisode de série, une méditation. C’est ta responsabilité de trouver ce déclencheur positif.


Tu laisses ton système nerveux redescendre.


Quitter une pièce quand tu risques de devenir violent n’est pas une faiblesse. C’est une preuve de responsabilité.





Règle 7 : Le corps doit redescendre avant la parole

Quand ton cerveau est en mode survie, discuter ne sert à rien.

Tu crois que tu veux « régler le problème ». En réalité, ton corps veut décharger la tension.


Il faut donc commencer par le corps.


Respire lentement.

Allonge l’expiration.

Bois de l’eau.

Marche.

Va dehors.

Mets tes mains sous l’eau froide.

Desserre volontairement les mâchoires.

Relâche les épaules.

Assieds-toi.

Éloigne-toi des objets que tu pourrais lancer.

Ne bois pas d’alcool.

Ne prends pas de drogue.

Ne conduis pas si tu es hors de toi.


Ton objectif n’est pas d’avoir raison.

Ton objectif est de redevenir capable de penser.



Mais tu peux aussi par exemple :

Compter jusqu’à dix.

Réciter l’alphabet à l’envers.

Regarder cinq objets autour de soi.

Nommer trois sons.

Marcher dix minutes.


Pourtant, ces gestes fonctionnent parce qu’ils redirigent l’attention.

Ils obligent le cerveau à quitter la boucle de colère.

Ils créent un délai.


Et dans la violence, le délai est souvent ce qui manque. Entre l’impulsion et l’acte, il faut créer un espace. Car c’est dans cet espace que ta responsabilité peut reprendre sa place.





Règle 8 : Dire « je » au lieu d’accuser

Une fois calmé, (seulement une fois calmé), tu peux parler.

A condition de ne jamais accuser, humilier, menacer ou dire des choses comme :

« Tu me rends fou. »

« Tu fais toujours ça. »

« Tu ne respectes rien. »

« Tu veux me détruire. »


Ces phrases ne règlent rien.

Ne parle pas et ne pense pas à la place de l’autre.


Ne reste pas sur les faits mais partage ton émotion.

« Je me suis senti humilié. »

« J’ai eu peur d’être rejeté. »

« Je me suis senti mis à l’écart. »

« Je n’ai pas su gérer ma frustration. »

« J’ai besoin de parler, mais je ne veux pas être violent. »


Cette attitude signifie que tu prends la responsabilité de ce qui se passe en toi.





Règle 9 : Chercher une solution plutôt qu’un coupable

La colère cherche souvent un coupable. La réparation cherche une solution.


Pour aller mieux, la question ne doit plus être :

« Qui a raison ? »

« Qui a commencé ? »

« Qui a provoqué ? »

« Qui doit gagner ? »


Mais :

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant pour que cela ne se reproduise pas ? »


Parfois, la solution est de reprendre la discussion plus tard, de dormir séparément, de demander de l’aide, d’arrêter l’alcool ou autres addictions... Et parfois, d’accepter une séparation.


Reconnaître que l’on est dangereux et mettre de la distance pour ne plus se décevoir soi-même...

Une solution qui protège vaut toujours mieux qu’une victoire qui détruit.





Règle 10 : Créer ton plan personnel de désamorçage

Un plan de désamorçage doit être écrit quand tu es calme. Pas quand tu es déjà en crise.


Il doit répondre à cinq questions :

« Quels sont mes déclencheurs ? »

« Quels sont mes premiers signaux physiques ? »

« Quelle phrase vais-je dire pour quitter la situation ? »

« Où vais-je aller pour me calmer ? »

« Qui puis-je appeler au lieu de faire peur à quelqu’un ? »


Exemple :

Quand je sens que ma mâchoire se serre, que je parle plus fort et que j’ai envie de bloquer la discussion, je dis :

« Je monte, je sors trente minutes. »

Je vais marcher dehors.

Je ne bois pas.

Je n’écris pas de messages agressifs.

J’appelle telle personne ou un professionnel si je sens que je ne redescends pas.






Rappels : Attention aux faux soulagements


La violence soulage parfois. C’est cela qui la rend dangereuse. Après avoir crié, cassé, menacé ou frappé, certains ressentent une baisse de tension. Comme si quelque chose était « sorti ».


Mais ce soulagement est un piège. Parce qu’il apprend au cerveau que la violence fonctionne. La prochaine fois, il recommencera plus vite. Puis plus fort.


Et la violence devient une manière de se réguler en faisant taire la honte, la peur, l’impuissance.

Pourtant elle ne fait que déplacer la souffrance sur quelqu’un d’autre.



Alcool, drogues, médicaments : réduire le risque à la source


Si tes violences arrivent surtout quand tu as bu ou consommé, tu ne peux pas faire comme si c’était un détail ou un simple accident.


L’alcool diminue l’inhibition.

Les drogues modifient la perception.

Certains médicaments, lorsqu’ils sont détournés ou mélangés, altèrent le jugement.


Si tu sais que tu deviens agressif sous produits, continuer à consommer dans un contexte relationnel tendu revient à prendre le risque de devenir dangereux.


Il ne suffit pas de dire :

« Ce n’était pas moi, j’avais bu. »


Justement.


Si l’alcool te transforme, tu dois agir avant.

Consulter un addictologue.

Éviter les discussions difficiles après consommation.

Ne pas rentrer au domicile si tu es ivre et en colère.

Demander de l’aide.

Prévenir.


La responsabilité commence avant la crise.


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