Test : " Ai-je un comportement intime violent ? "
- 11 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 8 heures
Parce qu'il faut aussi aider les personnes violentes à ne plus l'être
La violence ne rend personne heureux, elles font souffrir les victimes bien sûr, mais aussi les personnes maltraitantes qui regrettent souvent. Ce test est destiné à les aider dans leur prise de conscience pour être capables d'agir.

Violences conjugales : prévenir, c’est aussi accompagner les auteurs
La lutte contre les violences conjugales ne peut pas se limiter à la protection des victimes.Elle implique également un travail fondamental de prévention auprès des personnes qui exercent des comportements violents — qu’elles en aient pleinement conscience ou non.
Beaucoup d’auteurs de violences ne se perçoivent pas comme violents.Ils parlent d’amour, de protection, de jalousie « normale », de perte de contrôle ponctuelle, de stress, de pression professionnelle ou familiale.
Or, la violence conjugale ne commence pas toujours par des coups. Elle peut prendre la forme de :
Contrôle coercitif
Surveillance constante
Dévalorisation
Intimidation
Pression sexuelle
Violence émotionnelle ou économique
C’est pour répondre à cette nécessité de prévention que Sarah Barukh a créé le test :« Ai-je un comportement intime violent ? »
Pourquoi créer un test destiné aux personnes violentes ou susceptibles de l’être ?
Selon l’introduction du test (page 2), de nombreuses personnes n’ont pas conscience qu’elles exercent une forme de violence, notamment lorsqu’elle est psychologique, verbale, sexuelle ou économique .
Le test a pour objectif :
D’identifier des comportements violents, intentionnels ou non
De mesurer l’impact réel de ces comportements
D’encourager une prise de responsabilité
D’ouvrir un espace de questionnement
De prévenir l’escalade vers des violences plus graves
Il s’agit d’un outil de prévention essentiel.
Comprendre le contrôle coercitif : un enjeu majeur
Le test met en lumière une réalité souvent méconnue :le contrôle coercitif est une forme de violence psychologique visant à dominer et contrôler son partenaire .
Il ne s’agit pas uniquement d’actes spectaculaires ou physiques.Il peut s’agir de :
Vérifier les messages ou déplacements
Interdire certaines sorties
Imposer des règles strictes
Gérer seul les finances
Utiliser la peur ou la culpabilité pour influencer
Beaucoup de personnes pensent agir « pour le bien du couple » ou « pour protéger ».Le test déconstruit ces justifications en posant des questions concrètes, factuelles et précises.
Un effet miroir puissant
Le test repose sur un mécanisme central : l’effet miroir.
À plusieurs reprises, il invite la personne à se poser cette question :Quel serait l’impact si je vivais ces comportements moi-même ?
Cet exercice permet :
De sortir du déni
De prendre conscience de la peur générée
De comprendre l’impact émotionnel et psychologique
D’identifier la répétition des violences
De reconnaître les mécanismes de domination
Le test précise également que répondre « je ne m’en souviens pas » peut être le signe d’un déni lié à la répétition des violences .
Accompagner pour prévenir l’irréversible
Le document rappelle clairement que la violence, quelle que soit sa forme, n’est jamais acceptable (page 12) .
Il encourage :
La consultation d’un professionnel
La thérapie individuelle
La thérapie de couple
L’accompagnement spécialisé
Le travail sur la gestion des émotions
Le changement est possible.Mais il commence par la reconnaissance des faits.
Les témoignages présents en fin de document montrent un point commun :la prise de conscience survient souvent après un événement grave — départ du partenaire, intervention policière, séparation, procédure judiciaire .
L’objectif du test est d’intervenir avant ce point de rupture.
Un outil utile aussi pour les victimes et les proches
Le test « Ai-je un comportement intime violent ? » n’est pas seulement destiné aux auteurs.
Il peut également servir :
Aux victimes
Comme outil d’analyse indirecte de leur situation.En parcourant les questions, elles peuvent identifier des comportements qu’elles subissent sans les avoir nommés.
Aux proches
Pour comprendre les mécanismes de domination et analyser la situation d’un couple de manière plus objective.
Le test devient alors un outil pédagogique permettant de mettre des mots sur des dynamiques relationnelles toxiques.
Les profils psychologiques : comprendre sans excuser
Le document présente plusieurs profils associés à des comportements violents :
Immaturo-névrotique
Égocentré
Paranoïaque
Narcissique
Vulnérable hypersensible
Abuseur en série
Ces profils ne sont pas des diagnostics médicaux, mais des repères permettant de comprendre que la violence peut être liée à :
Une peur de l’abandon
Une incapacité à gérer la frustration
Une faible empathie
Un besoin de contrôle
Une difficulté à réguler la colère
Comprendre ces mécanismes ne signifie pas excuser.Cela signifie identifier pour mieux prévenir.
Violences conjugales : un enjeu global de société
La violence conjugale est punie par la loi.Elle inclut :
Violence physique
Violence sexuelle
Violence psychologique
Violence économique
Cyberviolence
Prévenir les violences suppose :
Protéger les victimes
Sensibiliser les proches
Responsabiliser les auteurs
Offrir des outils d’introspection
Conclusion
Accompagner les personnes ayant des comportements violents n’est pas minimiser la violence.C’est la prévenir.
Le test constitue un outil essentiel pour :
Détecter les comportements problématiques
Comprendre le contrôle coercitif
Responsabiliser les auteurs
Offrir aux victimes et aux proches un outil d’analyse indirecte
Encourager la prise en charge professionnelle
La prise de conscience est la première étape du changement.Et le changement peut éviter l’irréparable. La prévention des violences conjugales passe aussi par cette responsabilité individuelle.


