Les chiffres clés des violences intimes en France et dans le monde
- 11 févr.
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Et ce qu'il faut en comprendre...Les violences intimes désignent l'ensemble des actes de violence, physique, psychologique, sexuelle ou économique, exercés au sein d'une relation intime ou familiale. En droit français, les violences commises par un partenaire ou ex-partenaire constituent une circonstance aggravante de nombreuses infractions pénales (article 132-80 du Code pénal). Le féminicide conjugal, meurtre d'une femme par son conjoint ou ex-conjoint, est reconnu comme qualification spécifique depuis la loi du 28 décembre 2019. Ces violences restent massivement sous-déclarées : selon les études, moins d'une victime sur quatre porte plainte.* |
Les chiffres sont têtus, et ils racontent une histoire globale
Les chiffres sont têtus et sans appel : lorsque l’on examine les statistiques de la criminalité et des violences, les femmes et les filles sont massivement victimes des hommes, sur tous les continents, quelles que soient les cultures, les religions, les classes sociales ou les âges.
Ce constat est stable dans le temps et l’espace. Il ne s’agit pas d’exceptions locales, mais d’un fait social mondial, documenté année après année par les Nations unies, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC).
Mais sans une compréhension globale des forces en présence qui conduisent à cette réalité, nous sommes collectivement condamnés à la répétition des mêmes schémas macabres. La seule question qui vaille, me semble-t-il, est celle de la responsabilité, face à ce que l’ONU nomme une « pandémie de l’ombre ».
Or, les hommes sont-ils les seuls responsables des violences envers les femmes ? Cette violence tient-elle d’une essence masculine ? Est-elle le produit d’une nature biologique, d’une construction sociale, ou d’une articulation complexe entre les deux ? Et quelle est la part de responsabilité des femmes elles-mêmes, dans un système qui les contraint, les expose, les réduit au silence ?
Les violences sont-elles genrées?
En France, les données sont particulièrement éloquentes.
96 %de la population carcérale est masculine | 99 %des viols sont commis par des hommes | 97 %des agressions sexuelles sont commises par des hommes |
84 %des coups et blessures volontaires, dont les violences conjugales, sont commis par des hommes | 95 %des vols et cambriolages sont commis par des hommes | |
84 %des responsables d'accidents mortels sur la route sont des hommes | 78 %des personnes tuées sur la route sont des hommes | |
Source : Ministère de l'Intérieur
À l’échelle mondiale, le constat est identique :
90 %des auteurs d’homicides sont des hommes | 81 %des victimes d’homicide sont également des hommes |
Source : UNODC
ce qui montre que
la violence est d’abord un phénomène masculin,
y compris entre hommes, mais que les femmes en subissent une forme spécifique, systémique et genrée, principalement dans la sphère intime.
Dans le monde, + d’1 femme sur 3 subira au cours de sa vie des violences physiques ou sexuelles.
Source : OMS, 2021
70 %des victimes de la traite des êtres humains sont des femmes ou des filles, majoritairement exploitées à des fins sexuelles | 11 min1 femme tuée toutes les 11 minutes chaque jour par son conjoint ou un membre de sa famille, soit plus de 45 000 féminicides par an dans le monde |
Les violences structurelles commencent tôt et s’inscrivent dans les corps :
12 Mde filles mariées de force chaque année, souvent avant 18 ans | 230 Mde femmes vivent avec des mutilations génitales féminines |
Ces pratiques ne relèvent pas de traditions isolées, mais d’un contrôle systémique de la sexualité et de la reproduction des femmes.
Source : ONU Femmes
Quid de l'accès au droit?
L’accès aux droits fondamentaux reste profondément inégal
45 %des femmes dans les pays à faible revenu n'ont pas accès à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité | 25 Md'avortements non sécurisés par an dans le monde, responsables de milliers de décès évitables |
Dans les zones de conflit, les violences sexuelles explosent
les viols deviennent des armes de guerre, des outils de terreur et de domination, avec des niveaux de violence extrême, souvent accompagnés de torture, d’esclavage et de grossesses forcées.
1 femme sur 2exposée aux violences sexuelles dans certaines zones de conflit |
Enfin, la violence symbolique accompagne la violence physique
24%des personnes citées comme références dans les médias sont des femmes | 20%des expert·es invité·es dans les débats publics sont des femmes |
Elles sont encore largement cantonnées à des rôles de témoignage, de narration ou d’émotion, et rarement reconnues comme sources de savoir et d’autorité.
Et cetera.
Et cetera.
Et cetera.
Ces chiffres, constants depuis plusieurs décennies, ne traduisent pas une nature immuable, mais bien une combinaison de facteurs : modèles de masculinité dominants, socialisation différenciée, inégalités économiques, tolérance culturelle à la violence, impunités judiciaires, et organisation historique du pouvoir.
Autrement dit, si ces violences sont construites, elles peuvent être déconstruites, mais seulement si la société accepte d’en regarder les causes systémiques, et pas seulement les symptômes.
*Sources : Code pénal, art. 132-80 ; Loi n° 2019-1480 du 28 décembre 2019
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