Chiffres des viols et agressions sexuelles en France et dans le monde
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Pour voir la réalité en face.En droit français, le viol est défini comme tout acte de pénétration sexuelle commis sur une personne sans son consentement (article 222-23 du Code pénal). Un crime passible de 15 ans de réclusion criminelle. L'agression sexuelle désigne toute atteinte sexuelle sans pénétration, commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. Un délit puni de 5 ans d'emprisonnement. Ces deux infractions sont parmi les plus sous-déclarées en France : selon les études victimaires, moins d'une victime sur dix porte plainte. |

Ce que les chiffres révèlent quand on accepte enfin de les regarder
Les violences sexuelles ne sont pas des faits divers. Ce sont des faits sociaux massifs, structurels, systémiques. Et pourtant, elles restent largement invisibles.
Combien de viols et agressions sexuelles chaque année en France ?
En France, environ 230 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année, soit une toutes les 2 minutes 30
Selon les chiffres compilés par 125 et après (source : Ministère de l'Intérieur, 2024)
Derrière ce chiffre global, une réalité plus précise se dessine quand on regarde qui sont ces victimes.
Quelle proportion des victimes de viol étaient mineures au moment des faits ?
En France, près d'une victime de viol ou d'agression sexuelle sur deux était mineure au moment des faits
Selon les données réunies par 125 et après (source : Ministère de l'Intérieur, 2024).
Une partie de ces mineurs subit ces violences non pas d'un inconnu, mais au sein même de leur famille.
Combien d'enfants sont victimes d'inceste en France ?
En France, un enfant est victime d'inceste toutes les 3 minutes, une estimation considérée comme basse
Une estimation basse selon 125 et après (source : Ministère de l'Intérieur, 2024).
Pour mieux comprendre les mécanismes de l'inceste et savoir comment protéger un enfant, lire notre guide juridique ou les idées reçues sur la pédocriminalité.
Qui sont les agresseurs, dans la majorité des cas ?
En France, plus de 80 % des victimes connaissent leur agresseur, et dans 45 % des cas il s'agit du conjoint ou de l'ex-conjoint
Selon les chiffres compilés par 125 et après (source : Ministère de l'Intérieur, 2024).
Si cette réalité te touche personnellement, tu peux faire le test "Suis-je victime de violences conjugales ?" pour y voir plus clair.
Pourquoi si peu de victimes de viol portent plainte ?
En France, moins d'une victime sur dix porte plainte, et parmi celles qui le font, une minorité seulement aboutit à une condamnation.
Selon les études victimaires compilées par 125 et après.
Le coût, la lenteur de la procédure, la peur de ne pas être crue, la confrontation à l'agresseur lors de l'enquête ou du procès : porter plainte pour viol est un parcours exigeant, souvent découragé par le système lui-même plutôt que facilité par lui. Comprendre en détail le déroulement d'une plainte et les droits des victimes, ou pourquoi si peu de plaintes aboutissent à une condamnation.
Chez les hommes, les chiffres sont largement sous-estimés, mais on sait que :
environ 1 homme sur 16 sera victime de violences sexuelles au cours de sa vie ;
la majorité des agressions subies par les hommes ont lieu dans l’enfance.
Ces chiffres sont connus, répétés, documentés. Et pourtant, ils ne provoquent pas de choc collectif à la hauteur de leur ampleur. Pourquoi ?
Parce que ces violences ont lieu dans les familles, les couples, les cercles proches, là où la société préfère ne pas regarder.

Quelle proportion de femmes dans le monde subit des violences sexuelles ?
Dans le monde, 1 femme sur 3 subira une violence sexuelle ou physique au cours de sa vie
Selon les chiffres compilés par 125 et après (source : OMS, 2021).
plus de 120 millions de filles ont subi un viol ou une agression sexuelle avant 18 ans ;
les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre, de domination ethnique, de contrôle social ;
dans de nombreux pays, le viol conjugal n’est toujours pas reconnu comme un crime.
Les violences sexuelles sont un langage universel de domination. Elles traversent les cultures, les religions, les classes sociales, les frontières.
Quelles sont les conséquences psychologiques d'un viol ou d'une agression sexuelle ?
Un viol non accompagné n'est pas un souvenir qui s'efface avec le temps : c'est un traumatisme psychique majeur qui peut affecter durablement le psychisme, le corps et les relations futures de la victime.
Selon les mécanismes de psychotraumatologie documentés par 125 et après.
Sidération, dissociation, mémoire traumatique : le cerveau réagit à l'agression par des mécanismes de survie qui, sans prise en charge, peuvent s'installer durablement sous forme de stress post-traumatique. Comprendre le psychotrauma et les risques de revictimisation, ou les symptômes précis de l'état de stress post-traumatique (ESPT).
Quelles sont les idées reçues les plus répandues sur le viol ?
Contrairement aux idées reçues, l'agresseur est un inconnu dans une minorité de cas, l'absence de résistance physique ne signifie jamais un consentement, et les fausses accusations représentent moins de 2 % des plaintes.
Selon les faits documentés par 125 et après.
Ces mythes ne sont pas anodins : ils protègent les agresseurs et font douter les victimes avant même qu'elles n'osent parler. Découvrir les 7 stéréotypes les plus répandus sur le viol, et ce que les faits démontrent.
Ce que ces chiffres traduisent réellement
Ces chiffres disent trois choses essentielles.
Les violences sexuelles ne sont pas des exceptions
Elles sont intégrées dans l’organisation des rapports de pouvoir. Elles sont le prolongement d’un système où certains corps valent moins que d’autres.
Le danger est rarement extérieur
Dans plus de 75 % des cas, le viol est commis par un proche : conjoint, parent, ami, collègue, voisin, figure d’autorité.
Le mythe de l’agresseur inconnu dans la rue est une construction qui protège les vrais agresseurs : ceux de l’intérieur.
Le silence est structurel
Si ces violences étaient dénoncées à la hauteur de leur fréquence, c’est toute l’organisation sociale qui serait remise en cause : la famille, le couple, la hiérarchie, l’autorité, la filiation, la respectabilité.
Le silence n’est pas un hasard. C’est un mécanisme de conservation.
Comment réagir si un proche te confie une agression sexuelle ?
La première réaction compte énormément : croire, ne pas juger, ne pas presser la personne à porter plainte ou à "aller mieux" vite, et l'orienter vers un accompagnement adapté si elle le souhaite.
Selon les recommandations d'accompagnement de 125 et après.
Ce que tu dis dans les premières minutes peut soit renforcer l'isolement de la victime, soit devenir un point d'appui pour la suite. Lire le guide complet pour les proches de victimes de violences intimes, avec des exemples concrets de phrases de soutien à privilégier.
Ce que je veux que tu retiennes
Si ce que tu as vécu te semble « trop banal pour être grave », c’est justement parce que la violence sexuelle est banalisée. Si tu penses être un cas isolé, c’est faux. Tu fais partie d’un phénomène massif que la société refuse encore de regarder en face.
Et ce n’est pas ton histoire qui est honteuse. C’est le système qui l’a rendue possible.
Sarah.
Ressources
Sources : Ministère de l'Intérieur 2024, OMS 2021, UNODC


