Focus sur les mutilations sexuelles féminines (l'excision)
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Un sujet mondial... ET français
Les mutilations sexuelles féminines sont des violences sexuelles.
Des violences graves, irréversibles, organisées, ritualisées.
Et pourtant, elles sont encore trop souvent traitées comme une « tradition », une « coutume », un « sujet culturel sensible ».
Je veux être très claire :
l’excision n’est ni une culture, ni une religion, ni un rite anodin.
C’est une violence sexuelle exercée sur des filles, le plus souvent mineures, sans leur consentement, avec des conséquences à vie.
Combien de femmes sont concernées par l'excision en France ?
On croit souvent que l’excision concerne « ailleurs ».
C’est faux.
En France, on estime qu'environ 139 000 femmes vivent aujourd'hui avec les conséquences d'une mutilation sexuelle féminine
(source : Observatoire national des violences faites aux femmes, enquête Miprof/SSMSI, données 2019, publiées en 2024).
Chaque année, des milliers de filles sont considérées comme à risque, notamment lors de voyages dans les pays d'origine pendant les vacances scolaires.
Quelles sont les différentes formes de mutilations sexuelles féminines ?
L’Organisation mondiale de la santé distingue plusieurs types de mutilations sexuelles féminines.
Type I – Clitoridectomie
Ablation partielle ou totale du clitoris.

Type II – Excision
Ablation du clitoris et des petites lèvres, parfois des grandes lèvres.

Type III – Infibulation
Rétrécissement de l’orifice vaginal par suture, laissant un passage minimal pour l’urine et les règles.
Type IV – Autres pratiques
Piqûres, incisions, brûlures, étirements, scarifications des organes génitaux.
Que dit la loi française sur l'excision ?
La France ne dispose pas d'une loi spécifique sur l'excision, mais la poursuit au titre des violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente
(article 222-9 du Code pénal, 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende).
Lorsque la victime est mineure de 15 ans ou que l'auteur est un ascendant, la peine est aggravée jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle
(article 222-10 du Code pénal).
Quelles sont les conséquences physiques d'une mutilation sexuelle féminine ?
Les conséquences sont souvent lourdes, durables, parfois mortelles :
douleurs chroniques,
infections répétées,
complications urinaires et gynécologiques,
troubles menstruels,
douleurs lors des rapports,
complications obstétricales graves,
risques accrus lors de l’accouchement,
troubles sexuels majeurs.
Ces conséquences ne disparaissent pas avec le temps.
Elles s’aggravent parfois avec l’âge, la maternité, la sexualité.


