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Les enfants, témoins et co-victimes des violences conjugales

  • 11 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour


Quand l’absurde devient la règle, on ne peut pas se construire


Enfants victimes violence 125 et après

Longtemps, on a parlé d’enfants “témoins” de violences conjugales.


Mais les enfants ne regardent pas la violence de loin : ils vivent dedans.


En France, les violences conjugales exposent environ 4 millions d’enfants.

C’est massif. Ce n’est pas marginal. C’est une réalité de société.


Ces enfants vivent dans un monde où la peur est quotidienne, où l’imprévisibilité est la norme, où l’amour et le danger coexistent dans le même espace.

Et dans un tel monde, on ne peut pas se construire.


Les enfants ont peur pour leur parent


Les enfants n’ont pas seulement peur pour eux-mêmes.

Ils ont peur pour le parent qui subit la violence.


Ils surveillent, anticipent, protègent.

Ils écoutent les pas, les voix, les silences.

Ils apprennent à lire les signes avant-coureurs du danger.


Beaucoup d’enfants deviennent, très tôt, des gardiens de la paix familiale, au prix de leur propre sécurité intérieure. Ils grandissent trop vite. Ils s’inquiètent trop tôt. Ils se taisent trop longtemps.


Le conflit de loyauté : perdre dans tous les cas


Quand les enfants commencent à mettre des mots sur ce qu’ils vivent, un conflit impossible apparaît.


S’ils parlent, ils ont l’impression de trahir le parent violent.

S’ils se taisent, ils trahissent le parent victime.

S’ils disent la vérité, ils risquent de faire éclater la famille.

S’ils mentent, ils se perdent eux-mêmes.


Ils perdent dans tous les cas.


Ce conflit de loyauté est l’une des blessures les plus profondes de l’enfance sous violence. Il empêche la parole, la construction de soi, la confiance dans le monde adulte.


Quand l’absurde devient la règle, on ne peut pas se construire


Dans une famille sous violence, les règles changent tout le temps.

Ce qui est interdit un jour devient obligatoire le lendemain.

Ce qui est puni un jour est ignoré le lendemain.


L’enfant ne peut pas comprendre.

Il ne peut pas anticiper.

Il ne peut pas s’appuyer sur des repères stables.


Et sans repères stables, le développement psychique est entravé.

L’enfant apprend à survivre, pas à grandir.


Les violences sexuelles sur les enfants : une réalité liée aux violences conjugales


Je veux être très claire, même si c’est difficile à lire.

Dans 41 % des cas d’inceste, il existe un contexte de violences conjugales.

Cela signifie que la violence faite à l’enfant est souvent liée à la violence faite à l’autre parent.

Les violences sexuelles sur les enfants peuvent être :

  • la cause de la violence conjugale : l’agresseur craint que l’autre parent découvre et dénonce, et il renforce son emprise

  • la punition : infliger une souffrance irréparable à l’ex-partenaire qui a osé partir

  • un moyen de domination ultime : détruire ce qui est le plus précieux pour l’autre


C’est pour cela que les violences conjugales sont un enjeu majeur de protection de l’enfance.

On ne peut pas traiter l’un sans traiter l’autre.


Ce que je veux te dire, si tu es parent


Si tu vis des violences et que tu vois tes enfants souffrir, ton inquiétude est juste.

Elle n’est pas une preuve d’échec, mais de lucidité.


Tu fais ce que tu peux dans un système qui te met en danger.

Et demander de l’aide, parler, signaler, se faire accompagner, c’est déjà protéger.


Les enfants n’ont pas besoin de parents parfaits.

Ils ont besoin de parents en sécurité pour les sécuriser..







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