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Que faire quand le viol est commis par un proche

  • 13 avr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 avr.

Quand la violence vient de l’intérieur, et que le danger est aussi affectif, familial, social.


Inscription "un viol est un viol" sur un mur dans la rue, symbole de la lutte contre l'impunité des violences sexuelles

Quand le viol est commis par un proche, tout se complique.


Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’un crime.

Il s’agit d’une trahison, d’une rupture du lien, d’un effondrement des repères, d’un séisme dans la famille, le couple, le groupe, la communauté.


Dans ces situations, la violence sexuelle ne s’arrête pas à l’acte.

Elle se prolonge dans le silence imposé, les pressions, les conflits de loyauté, les tentatives d’étouffement.


Je veux te dire une chose essentielle :

le viol par un proche est la situation la plus fréquente, et aussi la plus destructrice psychiquement.


Comprendre ce qui se joue


Quand l’agresseur est un proche, plusieurs mécanismes se combinent :

la sidération est renforcée par l’attachement ;

la victime doute davantage (« il/elle ne ferait pas ça ») ;

l’entourage minimise pour préserver l’équilibre familial ;

la parole de la victime menace un système entier ;

la peur de détruire la famille, le couple, les enfants devient un frein majeur.


Très souvent, la victime porte alors la responsabilité émotionnelle de tout le monde, sauf celle de l’agresseur.


Ce que tu peux faire, concrètement, quel que soit ton choix


Il n’y a pas de « bonne » réaction.

Il y a des réactions de survie, toutes légitimes.



1. Te protéger avant tout


Ta sécurité physique et psychique est prioritaire.


Si tu vis encore avec l’agresseur ou que tu y es exposée :

limite les contacts autant que possible ;

évite l’isolement ;

parle à une personne extérieure et fiable ;


fais confiance à ton intuition, même si tu ne sais pas encore mettre des mots.


La violence sexuelle s’aggrave quand elle est tue.







2. Consulter un professionnel de santé, même sans plainte


Tu peux consulter :


un médecin,

une sage-femme,

un gynécologue,

un psychologue,

une UMJ,

une maison des femmes.


Même sans déposer plainte, tu peux :

faire constater des faits,

parler,

être orientée,

laisser une trace médicale.


C’est une porte de sortie, pas un engagement judiciaire.


3. Comprendre que tu n’as aucune obligation de révéler tout de suite


Tu n’as pas à :

parler immédiatement,

tout dire à tout le monde,

décider vite,

porter plainte pour être crédible.


Le temps du trauma n’est pas le temps social.


Tu peux garder cette information pour toi, la déposer progressivement, choisir à qui tu parles, quand, comment.


4. Anticiper les réactions de l’entourage


Dans les violences intrafamiliales, il est fréquent que :

on ne te croie pas ;

on te demande de « préserver la famille » ;

on minimise ;

on te rende responsable du chaos.


Ce n’est pas une preuve que tu mens.

C’est une réaction de défense du système, pas une analyse des faits.


Tu n’as pas à porter la honte à la place de l’agresseur.


5. En cas d’inceste ou de violences sexuelles sur enfant


Je veux être très claire.


Les violences sexuelles sur enfants sont un crime.

Et quand elles existent, il est impératif de :

consulter des professionnels formés,

signaler les faits,

protéger l’enfant immédiatement.


Dans ces situations, il est indispensable d’être accompagnée par :

un avocat pénal,


et un avocat en droit de la famille spécialisé.


Nous en avons à l’association, parce que ces situations nécessitent une expertise spécifique, à la fois juridique et humaine.

L’enjeu n’est pas seulement judiciaire.

Il est vital.


Ce que je veux que tu retiennes


Quand le viol est commis par un proche, la confusion est normale. L’attachement ne nie pas la violence. L’amour, la dépendance, la loyauté n’annulent jamais le crime.

Tu n’as pas à choisir entre ta survie et la paix des autres.

La responsabilité n’est jamais la tienne.



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